Whitehorse

 

… les « embouteillages » des heures de pointe pour quitter notre « îlot », et nous mêler à la circulation de Whitehorse…


Whitehorse… je me souviens du jour où j’ai annoncé mon départ à mes proches. Si tout le monde situait le Yukon, peu étaient capables d’identifier la ville du Cheval Blanc sur une carte du pays. Et j’avoue que, même moi, avant de décider de commencer mon PVT ici, je ne suis pas sûre que j’aurais réussi. Au nord-ouest du pays, oui ; au Yukon, c’est certain – je suis quand même fan des livres de Jack London et de la ruée vers l’or du Klondike – mais où précisément, je pense que j’aurais été incapable de le dire… Alors, quand j’ai tapé sled dog yukon dans la barre de recherche de Google, je ne savais pas trop à quoi m’attendre ! Mais les résultats m’ont mis tant d’étoiles dans les yeux, me donnant enfin une idée plus précise de ma destination (et de mon premier point de chute), que j’ai immédiatement réservé mon billet d’avion ! Certains ont pu me qualifier de « folle » à partir si loin, si haut et où il fait si froid et si noir en hiver. Pourtant, à la minute où j’ai posé mes pieds au Canada, je savais que j’y resterais pour un petit bout de temps. Mon aventure ne faisait que commencer !

PVT Canada_Whitehorse (13)
Vue depuis les falaises d’argile, Grey Mountain domine à l’horizon. ©Kelly Tabuteau

Whitehorse… je me souviens de ma première balade dans la ville. C’était le lendemain de mon arrivée, il faisait super beau, mais je n’ai pas eu beaucoup l’occasion de m’y aventurer. J’étais surtout là pour récupérer mon visa ! Voilà maintenant plus d’un an que je crapahute dans ses rues. Je commence donc à la connaître plutôt bien. J’y ai passé des heures, marchant au gré de mes envies, le long du fleuve Yukon, sur la rive ouest, là où, historiquement, la ville a commencé son essor ; ou bien le long de Main Street, LA rue commerçante et touristique de Whitehorse, où façades colorées et statues cohabitent avec commerces en tout genre. Puis, plus à l’ouest encore, une fois l’agitation de la ville quittée, je me retrouve dans une zone résidentielle calme, et mes pieds me mènent tranquillement devant l’escalier d’Alexander Street : deux cent vingt marches pour venir à bout de l’escarpement raide de soixante mètres de haut, qui sépare le centre-ville de l’aéroport et de certains quartiers d’habitation. La vue panoramique est alors bluffante : Grey Mountain domine à l’est, la colline Haeckel au nord-ouest et Golden Horn au sud.

Whitehorse… je me souviens de la première peinture murale qui a vraiment attiré mon attention. Il faut dire que c’était un musher, sur son traîneau, voyageant dans les lumières du soir… Quoi qu’il en soit, c’est à partir de ce moment-là que j’ai remarqué la forte présence d’art de rue dans le centre-ville. Pourtant, avec plus d’une quarantaine de façades dessinées, il est difficile d’y passer à côté ! Certaines retracent l’histoire du territoire, d’autres évoquent des épisodes de vie du peuple des Premières Nations, et d’autres encore dépeignent des portraits d’artistes tels que Louis Armstrong, Jimi Hendrix ou Bob Marley.

Whitehorse… je me souviens de mon premier constat architectural. Quadrillée selon le schéma urbain américain, la ville présente un melting pot de constructions. Ce n’est pas ici que je retrouverais des immeubles de quinze étages comme à Paris ! Non, ici, ce sont de petits bâtiments (maximum trois niveaux), dans des styles tous plus différents les uns que les autres. Constructions modernes des années 2000 côtoient architecture traditionnelle en rondins de bois, comme les deux « Log Skyscrapers », premiers logements locatifs privés de la ville, construits en 1947, ou l’église anglicane, le plus vieux bâtiment de la ville – datant de 1900 et aujourd’hui exploité comme musée.

Whitehorse… c’est aussi une ville marquée par l’histoire ; celles des ruées vers l’or, mais aussi par celle de la seconde guerre mondiale. Elle ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans ces deux événements majeurs ! Pour faire court, après la découverte du célèbre métal jaune en 1896, Whitehorse est devenue un arrêt obligatoire pour prospecteurs et compagnies.
Les premiers, c’était pour faire une halte afin de se remettre de leurs émotions après le passage par le canyon Miles, puis les rapides de Whitehorse (ce sont d’ailleurs ces derniers qui ont donné leurs noms à la ville, car l’écume que le courant formait ressemblait à la crinière d’un cheval blanc !), avant de continuer leur long périple jusqu’à Rabbit Creek.
Les secondes, c’était pour prendre part au développement du territoire. Grâce à sa position centrale, Whitehorse devient un carrefour incontournable du réseau de transport nord canadien :

  • À l’est, le fleuve Yukon, voie principale de transport jusqu’en 1954, les bateaux à aube reliaient Whitehorse à la ville de Dawson ;
  • Au sud, à partir de 1900, la voie ferrée, exploitée par White Pass and Yukon Route, permettait de rejoindre Skagway en Alaska. Si aujourd’hui, l’entreprise n’assure plus que des voyages touristiques, elle travaillait autrefois avec les nombreuses mines yukonnaises.
  • À l’ouest, l’autoroute de l’Alaska, voie routière inévitable, connectait Dawson Creek (en Colombie-britannique) à Fairbanks. Initialement construite par des soldats américains et canadiens afin de pouvoir ravitailler le 49ème état états-uniens après les bombardements de Pearl Harbor, en un temps record de 8 mois dont 4 en plein hiver, elle ouvre au trafic civil après la seconde guerre mondiale, transformant à jamais l’image du Yukon.

Whitehorse… je me souviens de mes premières rencontres. Francophones ou anglophones, j’ai tout de suite été séduite par les habitants de cette ville. Et on sait tous que certaines peuvent marquer un quotidien, bouleverser le cours de ce qu’on avait prévu… car après tout, c’est ça, la vie !


 

« La croissance et le changement peuvent être douloureux, mais rien n’est plus pénible que de rester coincé quelque part où tu ne veux plus être. », Mandy Hale


6 réflexions sur “Whitehorse

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