Vie yukonnaise #3 – Conduire

 

La seule chose qui pourrait me manquer à présent, pour me considérer comme une « vraie » canadienne, serait une pièce d’identité locale…

… et avec le statut de résidente temporaire que m’accorde mon PVT, cela n’est pas vraiment chose aisée… Pourtant, après quelques péripéties au Bureau des Véhicules Automobiles, je possède, même provisoirement, un document d’identification yukonnais : un permis de conduire !!!

Tout commença le 25 octobre, jour où je souhaitai me rendre au « Motor Vehicles » et où j’empruntai, pour la 3ème ou 4ème fois, la voiture de Marcelle. Il s’agit d’une grosse Toyota, automatique, pouvant accueillir, il me semble, jusqu’à huit personnes… Comment dire que cela diffère quelque peu de ma petite Ford Ka ? Alors si pour conduire, le changement de gabarit ne me pose pas vraiment de problème, pour manœuvrer, c’est un tout autre challenge. Une chance que je sois dans le Yukon, et non pas en plein centre-ville de Toronto, car, ici, la circulation ressemble à celle des heures creuses aoutiennes parisiennes, et je n’ai donc aucune difficulté à trouver de grandes places de stationnement. Par contre, se détacher de ses habitudes pour toutes les commandes est une autre paire de manches. Le « levier de vitesse » se situant au niveau du volant, à droite, les autres fonctions se font à gauche… j’ai, à plusieurs reprises, été tentée de passer au point mort au lieu de mettre les essuie-glaces en marche…

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Sur les routes du Yukon…

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Bref, j’arrive au Bureau des Véhicules Automobiles et demande, à un monsieur très serviable, la procédure à suivre pour échanger mon permis de conduire français contre un permis canadien. J’avais apporté tout un tas de papiers que je jugeais nécessaire à l’établissement de ce nouveau document. Je n’avais cependant pas prévu de repasser des examens… Déjà, en tant que passagère, j’avais relevé des différences avec la conduite française : la position des feux tricolores aux intersections (de l’autre côté de ces dernières), la possibilité de tourner à droite si la place est libre sans avoir à attendre que le feu rouge passe au vert, ou encore l’obligation de s’arrêter lorsque les clignotants des bus scolaires sont activés, que l’on soit derrière le bus ou que l’on s’apprête à le croiser. Alors quand le gentil monsieur m’annonce que je dois répondre, dans un premier temps, à un questionnaire théorique, je me dis qu’il va falloir que je potasse un peu !

Ni une, ni deux, je récupère le Guide de la route du Yukon ~ Camions légers et automobiles (en français s’il vous plaît), qui sera, pour les jours à venir, mon nouveau livre de chevet. Une semaine plus tard, après m’être délestée de 20 pièces, me voilà devant un ordinateur répondant à des questions de signalisations et de bon sens au volant ; au total, cinquante interrogations et la possibilité de se tromper jusqu’à dix fois. Il s’agit, comme en France, d’un QCM, avec néanmoins une différence très notable : une seule des réponses est possible ! C’est donc beaucoup plus facile ! Je quitte le Bureau, vingt-cinq minutes plus tard, mon « Class 7 » en poche (l’autorisation de conduire avec un accompagnateur…. retour à mes seize ans…), et aussi avec la date de mon « road test », obtenue après m’être allégée de 20 $ supplémentaires.

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En attendant le jour de l’épreuve pratique, je me plonge sur Kijiji, Le Bon Coin local, site sur lequel j’espère dégoter la voiture parfaite, rentrant dans mon petit budget… il n’y a pas beaucoup d’offres… Je réussis finalement à repérer l’annonce d’une Ford Escort. La voiture semble en très bon état malgré un peu de rouille sur les bas de caisse. Gilles, plutôt doué en mécanique, m’accompagne pour aller la voir. Tout se passe alors très vite : essai le vendredi soir, négociation, et après une poignée de mains, l’affaire est réglée ! Je ne peux pourtant pas repartir avec… Je dois d’abord l’assurer et l’enregistrer ! Il est 16h passées, les compagnies sont fermées jusque lundi matin. Le vendeur me garde la voiture au chaud, en attendant que je puisse faire toutes les démarches administratives.

Après le repas de la meute, le lundi suivant, direction Whitehorse pour rencontrer un courtier en assurance. Je suis reçue par Jenny, et bien évidemment, l’entretien se déroule tout en anglais. Je gère plutôt pas mal 🙂 Par contre, niveau papier à fournir, je ne gère rien du tout… Pour espérer avoir le meilleur prix, j’aurais dû apporter un historique des trois dernières années d’assurance, un relevé d’informations intégral des infractions commises depuis l’obtention de mon permis de conduire (je ne savais même pas que cela existait… il est à demander à la préfecture), le numéro du « Class 5 », l’équivalent du permis de conduire français au Yukon (que je n’aurai qu’après l’évaluation de ma conduite…). En l’absence de ces éléments, il est possible d’assurer mon char, mais au taux le plus élevé, soit 638 $ pour un an, juste pour le strict minimum : la responsabilité civile… Je ressors, une heure après, avec un petit papier rose. Il m’est nécessaire pour procéder à l’enregistrement de mon nouveau destrier, au Bureau des Véhicules Automobiles ! En à peine cinq minutes, et encore quelques dollars en moins sur mon compte bancaire, j’ai ma plaque d’immatriculation (« valable » jusque mai 2017, il faudra donc que je renouvelle l’enregistrement). Je n’ai plus qu’à aller récupérer ma nouvelle tuture !

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Et c’est le 9 novembre, à 15h, que tout se concrétise ! Légèrement stressée, je monte dans ma Ford (ici, c’est avec son propre véhicule que l’on passe le test) et écoute les explications de mon examinateur. Une vingtaine de minutes plus tard, je quitte ma voiture avec un autre papier rose, celui-ci attestant le fait que je sois bonne conductrice ! Je me débarrasse à nouveau de 20$ pour obtenir mon « Class 5 », et à présent, je suis libre de mes mouvements, enfin autonome ! Encore faut-il pouvoir se faire comprendre par les autochtones pour profiter des nouveaux horizons qui s’offrent à moi…

 

« Lorsqu’elle s’enfuit, la route est la seule amante qui vaille la peine d’être suivie »,
Sylvain Tesson.


4 réflexions sur “Vie yukonnaise #3 – Conduire

  1. Une Ford Escort c’est bien. Elle est un peu différente que celle vendue en Europe avant la Focus qui la remplace. Une bonne chose que tu aies réussi de valider ton permis. Je te souhaites avec Cathy un très joyeux Noël et de bonnes fêtes de fin d’année. Nous t’aimons ma nièce. 😘😍❤😜👍👏🍾🇨🇦

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    1. Oui, c’est une bonne voiture, et qui, malgré les apparences, tient bien la route ! Les Yukonnais l’ont regardé bizarrement près de Dawson, mais je vous raconte ça prochainement dans un article 😉
      Bisous à vous deux !

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  2. Rolala je suis en train de passer mon permis en ce moment justement pour être plus libre au Canada, ça me stresse toute cette préparation encore sur place. Enfin je sais pas encore si je vais commencer à prendre une voiture dès le Yukon. Tu as bien du courage ! Pas trop galère de rouler par temps de neige là-bas ? 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Bon courage à toi !! Reste concentrée et pas besoin de stresser😉
      Un conseil, si tu comptes changer de province, n’achètes pas ta voiture au Yukon… Tout y est tellement plus cher qu’ailleurs !
      Et oui, ça peut être galère de conduire sur la neige, mais en fait, le plus galère n’est pas de conduire, mais de réussir à démarrer la voiture par grand froid…:/ j’en parle aussi dans un prochain article🙂

      Aimé par 1 personne

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