À l’assaut du Mont Lorne

 

Données techniques :
Départ de Bear Creek, 18,90 km, 1.218 m de dénivelés, sortie de 6h08 (pauses incluses).
Faite le 13 octobre 2016.

Ce matin, je suis toute agitée : je me prépare pour ma première rando solo ! En effet, Marcelle part cinq jours en Alaska pour participer à un workshop(1) sur les soins des chiens ; nous n’allons donc pas entraîner dans les jours à venir. Pendant son absence, elle me confie la gestion de la meute en quasi autonomie. Gilles m’aide pour donner à manger, car nourrir autant d’estomacs, deux fois par jour, c’est relativement long ! Je passe aussi un moment avec chacun, à les caresser et jouer avec ceux qui veulent, puis nettoie le chenil. Ce qui me laisse beaucoup de temps pour faire autre chose. Outre ma lecture de Harry Potter en anglais, j’ai décidé, et ce n’est pas une si grande surprise, de l’occuper en marchant.

Alors, depuis une semaine, je zieute le site Yukon Hiking à la recherche de sentiers à sillonner, proche de la maison. J’hésite entre plusieurs et échange avec Marcelle pour avoir son ressenti. Je finis par sélectionner trois trails, pour lesquels elle me fournit les cartes. Dessus, ne figurent que les routes, les distances sont en miles et les courbes de niveau en pieds… de quoi être un peu perdue. Heureusement que j’ai les descriptifs des parcours sous les yeux… Me voilà presque parée à m’aventurer sur les chemins yukonnais !

Mon réveil sonne à sept heures. Le temps de préparer mes affaires, de petit-déjeuner et de nourrir les chiens, il est déjà neuf heures ! La randonné à laquelle je m’attaque aujourd’hui est annoncée difficile, avec une durée estimée à huit heures. Il ne faut donc pas que je tarde de trop. Avant mon départ, je dois cependant procéder à un passage obligatoire : « l’inspection » de mon équipement par Gilles !

– T’as-tu le bear spray ?
– Oui. D’ailleurs, tu me montres comment il fonctionne celui-ci, s’il te plaît ?
[…]
– Des allumettes si tu as besoin de faire un feu ?
– Non, juste un briquet et une couverture de survie ; puis une deuxième polaire et un autre manteau. Et aussi une boussole et une lampe frontale.
– Ça devrait aller. Tiens, prends le téléphone satellite et le GPS. Le GPS, mets-le uniquement quand il n’y aura plus de trace. T’as-tu bien ton lunch ?
– Oui oui, je crois que je suis prête !

J’arrive difficilement à tout caser dans mon « petit » sac à dos car il faut également y mettre mes deux litres d’eau, mon thermos et mon reflex. Avoir joué à Tétris quand j’étais plus jeune aide toutefois !

Après dix minutes de voiture, je m’élance sur le sentier du Mount Lorne. Il fait bien frisquet, le thermomètre indique -14°… Toute la première partie se faisant en sous-bois, le ressenti doit être inférieur à la température relevée… Alors, si pour le haut du corps tout va bien, je ne peux pas en dire autant de mes jambes : elles sont « mordues » par le froid. Vite vite vite que je débute l’ascension afin de me réchauffer un peu ! Et chose que je n’avais pas anticipée, l’eau gèle (non, sérieusement ? en dessous de zéro, l’eau gèle ???) dans le tube de mon camelbak… Tout en marchant, je tente de le réchauffer avec mes mains et finis par faire fondre la glace au moment où le chemin monte et où je commence à avoir vraiment soif !

Pendant environ six kilomètres, j’évolue en forêt. Même si je suis équipée pour, la flippette qui sommeille en moi n’est pas très rassurée et craint de se retrouver nez à nez avec un grizzli. Elle adopte donc la méthode de Marcelle et se parle à elle-même, tantôt en français, tantôt en anglais… de quoi passer pour folle si elle rencontre quelqu’un !! Mis à part des écureuils et des perdrix, elle et moi n’avons croisé aucune âme qui vive.

Après ça, la trace s’efface. Le terrain, escarpé, s’élève vers le mont Lorne. La végétation, elle, est, petit à petit, remplacée par des saules arbustifs, puis disparaît complètement. En nouvelle spécialiste du bush walking que je suis, je progresse rapidement. La vue au sommet est à couper le souffle, un panorama à 360° sur Whitehorse, Marsh Lake, Bennett Lake et plein d’autres montagnes !!!!

Pour le retour, j’emprunte plus ou moins le même itinéraire même s’il n’y a aucune marque et récupère la piste, à gauche après un cairn : c’est reparti pour ma conversation dans le vide !

Arrivée au ranch, histoire de travailler le haut du corps, j’aide Gilles à charrier du bois pour le poêle, puis vient l’heure de s’occuper de la meute…

« Habiter le monde, non l’occuper, le coloniser ou le maîtriser, tel est le vœu intime du marcheur. », Christophe Lamoure.

(1) atelier, séminaire.


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