Vie yukonnaise #1 – Shopper

 

Intéressez-vous, investissez-vous et vos hôtes vous le rendront.

 

Vivre chez l’habitant, c’est s’acclimater à la routine de ses hôtes pour se créer un nouveau quotidien. C’est apprendre à vivre différemment, notamment en changeant ses habitudes alimentaires. Shopper, magasiner, faire son épicerie, … Que le mot vienne des français immigrés, des franco-canadiens, des québécois ou des anglophones, au Yukon, on peut entendre tout un tas d’expressions signifiant « faire ses courses ». Passé ce petit souci de compréhension, j’ai vite découvert, qu’ici, les supermarchés, ce n’était pas vraiment comme en France… Quand nous faisons les courses hebdomadaires avec Marcelle, nous jonglons forcément entre plusieurs enseignes !

Au Superstore, c’est l’épicerie. Je peux y trouver tout ce dont j’ai besoin niveau alimentaire. Le magasin s’articule autour de grandes allées pleines d’étagères, plutôt semblables donc à ce que je connaissais. J’avoue cependant que, lors de mes premières visites, je me suis quelque peu égarée dans les rayons… Pourtant, le rangement des articles paraît logique : avec les jus de fruits, les jus de tomates ; aux rayons des pâtes, la sauce tomate ; et aux rayons des conserves de légumes, les tomates pelées. Une fois écrit, cela me semble en effet être d’une logique implacable. En réalité, c’est tellement loin du classement des grandes surfaces françaises que j’ai eu l’impression que mettre la main sur les cans(1) de dés de tomates relevait d’un mini parcours du combattant. J’ai aussi eu du mal à localiser le sirop d’agave… je me suis d’abord dirigée vers le rayon bio, puis vers celui des confitures, miel et autres pâtes à tartiner. Le tout, sans succès… Et oui, grave erreur que je commettais ! C’était au rayon du sucre que je devais me rendre !!! Outre l’alimentaire, je peux également y acheter quelques produits d’entretien et de beauté. Mais juste quelques ! Je n’y dénicherai pas, par exemple, de liquide vaisselle. Pour cela, il faudra que j’aille au Walmart, où là encore il y a de la bouffe. Certes beaucoup moins… peu de choix et pas de fruits ni de légumes frais, car c’est surtout l’endroit idéal pour se constituer une panoplie de la parfaite ménagère !

Ah, et une autre grande différence : le courrier. Pour peu que je veuille profiter de ma sortie en ville pour envoyer une carte postale à mes parents, je dois me rendre à la pharmacie pour la poster (ça, en revanche, ce n’est pas d’une grande logique…) ! Dès que je rentre dans la pharmacie, je suis plus que confuse… Les médicaments côtoient la presse, le bureau de poste et … de l’épicerie !

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Les pharmacies canadiennes…

 

Tout n’est pas que distinction. Les restaurants sont globalement identiques ; on en trouve une multitude sur Whitehorse. D’après les personnes que j’ai pu rencontrer jusqu’ici, aucun n’est vraiment top ; j’ai testé le Boston Pizza un soir avec Marcelle, et ce n’était pas si pire. Par contre, n’oubliez pas le tip(2) (c’est de ce petit détail que nous vient la réputation de radin à l’étranger…), car le service n’est réellement pas compris dans le salaire des serveurs(ses). Puis, comme partout, la malbouffe est bien présente. Là encore, il y a foison de choix : Domino’s Pizza, McDonald’s, Starbucks Coffee, et j’en passe. Ce qui est sûr, c’est que je n’allais pas retourner au Canada sans manger un cookie au Tim Hortons (spéciale dédicace à mon pote Laurent ;)). J’en avais gardé un très bon souvenir d’il y a sept ans, lors de mon séjour à Montréal, et je n’ai pas été déçue !

Sortons un peu du domaine de la nourriture. Y’a un endroit, au Yukon, où on peut faire de méga bonnes affaires : le FreeStore ! Disséminées çà et là, les « dumpster area » sont une sorte d’immense local poubelles pour les petites communautés dispersées sur le territoire. Bien sûr, les gens y apportent leurs déchets et y pratiquent le recyclage, mais ils y abandonnent aussi tout ce dont ils n’ont plus nécessité. Ça peut être à peu près de tout : théières, services à fondue, livres, vêtements, skis, jouets, canapés … si bien qu’il y a possibilité de remplir sa bibliothèque gratuitement, de s’habiller sans frais (même avec des vêtements jamais portés…) et de réaménager son intérieur !

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Je prends donc mes marques dans ce pays étranger, essayant de formater le disque dur de mes habitudes d’acheteuse. Je m’imprègne davantage, au fur et à mesure que les jours passent, de cette culture si différente mais si plaisante. Le coût de la vie est bien plus élevé ici, bien que le taux de change soit très favorable en ce moment (1 € = $ 1,50). Alors si pour le FreeStore, je n’ai pas besoin d’argent, pour tout le reste, je n’ai d’autres choix que celui de sortir ma carte de débit…

 

« Nos habitudes nous suivent même là où elles ne nous servent plus à rien. » Marcel Proust.

 

(1) : québécisme pour boîtes de conserve.
(2) : anglicisme pour pourboire.

 


5 réflexions sur “Vie yukonnaise #1 – Shopper

  1. La société de consommation est malheureusement partout dans le monde.
    Les produits alimentaires sont-ils très différents des nôtres ? On dirait les magasins Américains, non ? Apparemment tu parles de mal-bouffe, c’est si mauvais ?
    La chose formidable c’est la possibilité de récupérer des vêtements, livres, meubles, etc… : nous devrions nous en inspirer en France.
    Fais-tu découvrir la cuisine française à tes hôtes ?
    En dehors des chiens, des entraînements qu’arrives-tu à faire de tes journées ?
    Ton papa m’a dit que tu avais pue t’acheter une voiture. Moi qui suis un fan d’automobile, qu’est-ce que tu as acheté ?
    Ici, il fait encore très doux pour une mi-novembre. Je pense que pour toi les températures sont bien négatives.
    Nous suivons tes informations sur ta vie là bas, avec beaucoup d’attention, et nous attendons avec hâte les jeudis de chaque semaine.
    Bisous ma nièce, gardes toutes tes nouvelles et tes notes, car tu écris délicieusement bien et je pense que tu pourrais en écrire un livre.
    Bisous de Cathy et de moi-même. À la semaine prochaine prochaine.

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    1. Ce n’est pas le meilleur endroit pour avoir une alimetation super saine en effet. Ou alors, cela te coûtera un bras… mais on touve globalement de tout ici 🙂 pour les autres questions, je vous envoie un mail rapidement 😉

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