Fin du trek : une descente solitaire jusqu’à Lukla

Dans cet article :

Village de Thamo. © Kelly Tabuteau

Trek des Trois Cols, jour 19 : de Marulung à Namche Bazar

📅 27 octobre 2022
🥾 15,7 km / 355 m D+ / 1 050 m D-

Ce matin, ça sent la fin de mon aventure népalaise. À partir de maintenant, ce n’est presque que de la descente pour rejoindre Lukla d’où je prendrai l’avion pour retrouver la civilisation. Je n’ai en effet pas assez de jours pour redescendre jusque Phaplu à pied. Mais pour être tout à fait honnête, je n’en ai pas non plus l’envie. Mon corps est fatigué et je dois le respecter.

Il fait frais dans l’ombre des géants ce matin, au départ de Marulung. © Kelly Tabuteau

Départ aux alentours de 7 h, j’évolue dans une vallée relativement ouverte, mais toujours avec des montagnes tout autour de moi. Au détour d’un virage, j’aperçois mes premiers mammifères sauvages de ce trek : des chèvres de montagne. Elles sont vraiment belles, mais un peu craintives. Les plus jeunes, elles, sont curieuses et me regardent passer.

© Kelly Tabuteau

Le chemin passe par plusieurs villages, mais je ne m’éternise pas. Je ne pense qu’à mon objectif du jour : Namche Bazar, une douche chaude et une pizza. Une dernière volée d’escaliers et j’aperçois enfin la ville d’altitude et ses toits aux mille couleurs.

Dernière descente et je serai à Namche Bazar. © Kelly Tabuteau

Je ne réfléchis pas trop et retourne dans la même auberge qu’au début de mon trek, en demandant cette fois-ci une chambre sur la cour arrière pour ne pas être dérangée par le pub irlandais. Une fois ma douche prise, je vais déjeuner au restaurant de l’auberge, puis vais me poser à la boulangerie pour une après-midi lecture. Je tente une nouvelle pâtisserie, mais elle n’égale pas le gâteau chocolat-banane que j’avais testé la première fois.

Au dîner, enfin, je peux savourer la pizza qui obnubilait mes pensées depuis un moment. Je suis bientôt rejointe par un jeune Américain, qui, ce matin, a quitté Gokyo (et a donc fait en une journée ce que j’ai fait en deux). La vingtaine entamée, et n’ayant jamais vraiment voyagé, il a décidé de prendre une année sabbatique pour voyager. Après avoir enchaîné, le Pacific Crest Trail, le Continental Divide Trail et l’Appalachian Trail (trois longues randonnées aux États-Unis), le voilà au Népal pour quelques semaines. La soirée a été inspirante, me donnant plein de belles idées pour de prochains voyages.

Trek des Trois Cols, jour 20 : de Namche Bazar à Lukla

📅 28 octobre 2022
🥾 19,4 km / 685 m D+ / 1 250 m D-

Dernier jour de trek… J’ai du mal à réaliser… Quinze jours que le soleil est au rendez-vous, je n’aurais pas pu espérer mieux. Enfin si, éviter la pluie dans la jungle népalaise aurait été chouette, mais bon.

Je connais le chemin puisque je l’ai pris à l’aller. Je sais où se trouvent les difficultés, tout comme les ponts suspendus… C’est une longue descente qui m’attend avec une courte montée raide à la sortie de Jorsale. Je me souviens de la tête fatiguée des gens qui montaient les escaliers il y a deux semaines alors que je les descendais. Je me dis que je dois avoir la même expression. Une expression de contentement, mais les traits tirés de ces vingt jours de trek en haute altitude.

À la sortie de Nachipan, je bifurque vers la gauche sur le sentier menant à Lukla. Je découvre ce sentier, et je ne m’attendais pas à ce qu’il monte autant ! Après un dernier effort, j’atteins enfin le village de Lukla. Mon trek est officiellement terminé !

Je trouve une auberge à côté de l’aéroport où je peux prendre une douche et profiter du wifi pour l’après-midi. Je dois aussi appeler la compagnie aérienne car j’avais réservé l’avion pour le 30 octobre. Ayant un jour d’avance, je vais essayer d’embarquer dès le lendemain. Une chance, il reste une place sur le dernier vol de la matinée.

Demain, retour à la civilisation donc, retour à Katmandou.

Trek des Trois Cols : clap de fin

📅 29 octobre 2022

Quand j’arrive à l’aéroport ce matin, c’est la cohue. Il y a des gens et des bagages de partout. Je recroise les deux amies polonaises (que je n’avais pas revues depuis Chukhung) qui m’annoncent que leur vol a au moins deux heures de retard… Je prends donc mon mal en patience. Je n’ai pas grand-chose à faire de toute façon, à part attendre. Ce qui m’inquiète cependant, c’est qu’au fur et à mesure que les heures passent, les nuages commencent à s’accumuler dans la vallée et je crains que mon vol ne soit annulé…

Piste de l’aéroport de Lukla, connu comme le plus dangereux. La piste d’atterrissage est l’une des plus courtes de la planète. Elle mesure 460 mètres de long et a une pente de 12 %. Au bout du goudron, la piste se jette dans le vide ! © Kelly Tabuteau

Le calme revient dans l’aéroport quand il n’y reste que les passagers de mon vol, soit à peine une vingtaine de personnes. Tout le monde semble anxieux des conditions de vol qui s’annoncent. Enfin, on nous annonce qu’on peut embarquer.

Le vol ne dure qu’une dizaine de minutes jusqu’à Ramechhap, mais c’est assez pour que je sois malade… Je ferme les yeux tout du long, j’ai l’oreille droite qui se bouche et me fait mal… Ce n’est vraiment pas une partie de plaisir !

De Ramechhap, il faut que je trouve un moyen pour rejoindre Katmandou, à quatre heures de route de là. Cette année, afin de décongestionner l’aéroport de la capitale népalaise, la majorité des vols pour Lukla a été déviée vers Ramechhap. Je m’attendais alors à ce que des jeeps ou des bus attendent les touristes après chaque avion. Je n’avais donc rien réservé. Grave erreur. Puisque nous sommes le dernier avion de la journée, tous les transports ont déjà quitté le village. Je me retrouve sur le bord de la route, avec un couple retraité arménien qui habite à Montréal.

Nous repérons un groupe de Népalais qui embarque dans une jeep et il semble y avoir trois places supplémentaires alors nous sautons sur l’occasion pour négocier un trajet. Le groupe va bien à Katmandou et nous embarquons avec lui. Je dois faire arrêter la voiture quasiment dès le début car je suis de nouveau malade… décidément !

Le chauffeur conduit vraiment brusquement, le couple et moi nous jetons des regards inquiets. Personne ne parle. Moi, je me concentre sur mon estomac tout en espérant arriver entière à Katmandou. Après moult péripéties (une halte dîner du chauffeur qui s’éternise, une prise de bec avec le chauffeur qui nous demande de payer l’intégralité de la course avant d’arriver à destination, les embouteillages à l’approche de la capitale, le changement de véhicule de la jeep à un taxi), j’arrive enfin à mon hôtel.

Je devais retrouver Pele et Benny ce soir pour dîner. Il n’est pas si tard (aux alentours de 19 h 30), mais je suis exténuée de ma journée. Nous prévoyons petit-déjeuner ensemble demain. Toujours super patraque, je prends une douche et vais me coucher directement.

Trois jours à Katmandou

Le lendemain matin, Pele vient me chercher à la réception de mon hôtel et me mène au restaurant de son hôtel pour un petit-déjeuner avec lui et Benny. Pele prend l’avion en fin de matinée pour la Thaïlande alors que Benny reste encore quelques jours à Katmandou. C’est étrange de se retrouver, « en civil », dans une grande ville. Au final, nous ne nous sommes pas beaucoup vus pendant ce trek, mais nous avons lié une belle connexion et nous sommes tristes de nous dire au revoir.

Dans l’après-midi, je retrouve Emese pour une petite balade. Elle a commencé des cours de mandala népalais depuis la fin de son trek. Elle va rester à Katmandou encore quelques semaines pour peaufiner ses techniques de peinture. Elle me fait découvrir des endroits plus reculés où seuls les locaux vont et ça fait du bien d’échapper à la foule des touristes.

On se reverra tous les jours où je suis à Katmandou, mais à petite dose, car mon corps me lâche. Je tousse toujours, j’ai toujours mal à la gorge, et j’ai de nouveau de la fièvre. Alors finalement, je passe beaucoup de temps à dormir. On ira quand même ensemble au temple des singes, Swayambunath, un des plus anciens et le plus saint des sites bouddhistes de la capitale népalaise.

Le 1er novembre en fin de soirée, je quitte le Népal pour rentrer à la maison, au Yukon.

2 réflexions sur “Fin du trek : une descente solitaire jusqu’à Lukla

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