Trois randonnées au Parc national des glaciers

Dans cet article :

La crête des glaciers. © Kelly Tabuteau

Jour 41 (1er septembre 2022) : Le Rocher Perley

Céline, Ouna et moi nous attaquons à une grosse randonnée aujourd’hui : le Rocher Perley, un peu plus de 13 kilomètres depuis le camping et 1 250 mètres de montée. Autant dire que nous partons de bonne heure (7 h 20), surtout pour échapper aux chaleurs de l’après-midi, mais aussi pour être rentrées à temps pour que je puisse travailler en fin de journée…

Il fait frais ce matin et nous avançons vite sur les premiers mètres de plat. Ce début de randonnée pas trop exigeante est une occasion parfaite pour papoter et célébrer nos retrouvailles après trois mois de séparation. C’est tellement plaisant de randonner avec elle, je suis aux anges !

Quand l’ascension commence, nous ralentissons le rythme tant de pas que de paroles puisque nous devons garder notre souffle pour progresser sur cette pente, pas nécessairement des plus raides, mais constante et sans répit. Nous passons plusieurs cascades et bien que la vallée soit dans l’ombre, c’est encore une fois de toute beauté. Je mène la danse aujourd’hui. Les lacets en continu commencent à jouer sur mon moral si bien que je finis par me retourner vers Céline pour lui dire que j’en ai marre. Nous nous octroyons alors une mini pause.

La pente commence à être pas mal raide… © Céline C.
Même si les lacets semblent sans fin, la vue est déjà belle !! © Kelly Tabuteau

Quelques centaines de mètres plus loin, la monotonie du sentier est rompue grâce à la traversée d’un névé. Céline veut le traverser tel quel, moi, je ne suis pas trop confiante alors je décide d’aller voir près de la paroi rocheuse comment ça passe. La plaque de neige n’est plus adossée à la roche, nous offrant un passage relativement facile. Céline me rejoint et nous traversons ainsi la difficulté du jour.

Dans le pierrier. © Kelly Tabuteau

Après ça, plus de vrai chemin à suivre, nous sommes dans un immense pierrier dans lequel nous devons nous orienter pour trouver la voie la plus facile. Enfin, après plus de trois heures de marche, nous arrivons sur un plateau où le champ de glace Illecillewaet se dévoile. Nous nous arrêtons pour contempler le panorama, tout en nous répétant sur la magnificence du lieu.

J’avais détaché Ouna pour une partie un peu plus délicate dans le pierrier. Elle nous attend sagement en contemplant la vue. © Kelly Tabuteau
L’arrivée sur le plateau nous laisse sans voix. © Kelly Tabuteau
Nous profitons du moment pour immortaliser l’instant. © Kelly Tabuteau

Nous faisons une rapide pause déjeuner face au glacier. Comme je dois travailler, nous ne devons pas nous éterniser… Je presse un peu Céline pour repartir, même si j’aimerais pouvoir rester bien plus longtemps ici.

La première partie de la descente est un peu délicate dans le pierrier. Nous décidons cette fois-ci de traverser le névé, ce qui finalement se fait bien. Puis nous retrouvons les interminables lacets. Nous avons une bonne cadence et il nous faudra à peine deux heures pour retrouver notre emplacement de camping.

Les vues ne sont pas mal non plus sur le chemin du retour. © Kelly Tabuteau
Nous serions bien restées des heures perchées ici. © Kelly Tabuteau
Avant de rejoindre le névé, nous devons retraverser le pierrier. © Céline C.

Céline vaque à ses occupations, pendant qu’Ouna se repose et que moi je commence mes quelques heures de travail. Je vais me rincer à la rivière avant de dîner. Au menu ce soir, une omelette au fromage, une salade composée et des baklavas apportés par Céline. Mmmmiam!

La nuit arrive et chacune se réfugie dans ses quartiers. Nous sommes fatiguées de notre belle randonnée du jour, et une autre nous attend demain. Il faut donc nous reposer pour être en forme.

Jour 42 (2 septembre 2022) : La crête Abbott

Pas de travail à faire aujourd’hui, mais nous partons tout de même tôt pour cette nouvelle randonnée (7 h 01) car nous voulons monter à la fraîche et prendre notre temps une fois rendues sur la crête. C’était ma deuxième nuit au camping Illecillewaet et je l’adore ! Il n’y a pas de douche, mais des toilettes et de l’eau potable, les services de base pour être bien. Mais ce que j’aime vraiment, c’est sa localisation, au pied de plus d’une dizaine de sentiers de randonnée ! Je pense bien revenir un jour dans le coin.

Dès les premiers mètres, nous réalisons que la journée va être exigeante. Céline a des courbatures de la veille et moi, bien que sans douleur nulle part, je sens que mon corps est fatigué… Ça prendra le temps que ça prendra, mais nous nous rendrons au sommet !

Céline passe devant et impose le rythme de la journée. Après avoir randonné si longtemps seule, c’est agréable d’être deuxième, de me caler sur les pas de mon amie et de déconnecter le cerveau. Nous sommes dans une jolie forêt et l’inclinaison nous donne déjà du fil à retordre. Nous arrivons rapidement à une intersection « Raccourci » / « Chemin le plus long », mais avec aucune indication de distance. Je regarde Céline et lui demande si elle préfère monter raide ou descendre raide. Sa réponse ne se fait pas attendre : monter raide ! Alors, nous quittons le sentier principal pour le raccourci.

Le chemin de terre se transforme en dédale de roches, qui tel des escaliers font chauffer nos quadriceps. Je m’attendais à une pente plus à pic que ce qu’elle est, mais je souffre quand même, entre le souffle court et la chaleur déjà pesante. Je suis trempée de sueur et je tente de m’hydrater petit peu par petit peu.

La photo ne rend pas justice à cette prairie alpine. © Kelly Tabuteau

Enfin, nous atteignons une magnifique prairie alpine qui nous offre un peu de répit. Nous montons toujours mais la côte est plus douce. J’ai de la difficulté à savoir par où nous allons passer puisque devant nous, des falaises se dressent, menaçantes. Le sentier s’oriente vers la droite et je réalise qu’il nous fait contourner la montagne rocheuse. Dès lors, nous montons tranquillement avec des vues à couper le souffle sur de nombreux sommets et glaciers.

Le chemin contourne la falaise pour nous permettre de monter sur la crête. © Kelly Tabuteau

Nous arrivons au panneau fin du sentier. Céline est prête à s’arrêter là, mais la crête devant nous m’attire. Je convaincs donc Céline de continuer un petit peu (« jusqu’au petit sommet là-bas ») sous prétexte que nous ne reviendrons pas de sitôt et elle accepte.

La crête semble dangereuse, mais l’évolution se fait plutôt bien finalement. © Kelly Tabuteau

Bien sûr quand nous arrivons au petit sommet, il y en a un autre après, alors nous continuons. Le terrain devient plus délicat avec l’alternance de zones où chuter n’est pas une option. Céline toujours devant gambade presque. Arrivées à un replat sur la crête, j’annonce à Céline que je m’arrête ici, car j’ai peur. Deux personnes d’un certain âge nous doublent alors et à les regarder, ça a vraiment l’air facile…

Céline m’encourage et je décide de la suivre. C’est finalement moins apeurant que ça en avait l’air de loin et à part deux petits passages aériens un peu plus complexes, nous progressons sans trop de difficulté. Nous trouvons un confortable banc naturel en roche pour notre pause déjeuner avec vue sur le glacier Illecillewaet. Nous pourrions rester des heures ainsi perchées sur notre promontoire. Nous reprenons néanmoins la marche jusqu’à la « fin » de la crête où nous faisons une pause photo. Nous pourrions encore continuer mais il faudrait descendre pour remonter, nous décidons donc de rebrousser chemin.

© Kelly Tabuteau
© Kelly Tabuteau
© Kelly Tabuteau
© Céline C.
© Céline C.

La descente est, comme d’habitude, plus rapide, même si je préfère monter, et de loin ! Nous prenons le long chemin pour le retour. La pente est agréable et nous avançons bien. Je suis obligée de faire une mini pause après la traversée d’un névé car j’ai une douleur aux orteils (ce n’est pas une douleur nouvelle, elle vient et part depuis 2019… mais là, elle est telle que je dois m’arrêter !). Prochain arrêt au lac Marion où nous faisons une pause collation avant la dernière ligne droite jusqu’au camping.

Nous nous rinçons dans la rivière, puis papotons avant de partager un bon plat de pâtes, puis d’aller au lit.

Le repos des randonneuses. © Kelly Tabuteau

Jour 43 (3 septembre 2022) : La crête des glaciers

Ce matin, je dois dire au revoir à Céline… C’était tellement bon de la revoir et de randonner à nouveau ensemble que j’ai le cœur serré. Nous nous levons toutes les deux avant 6 h du matin et chacune s’active. Elle, à plier son camp, moi, pour aller randonner. À 7 h, je suis prête mais Céline ne l’est pas tout à fait. J’affiche un sourire de circonstance mais je suis triste… Ces deux jours sont passés tellement vite ! Au risque de paraître malpolie, je lui dis au revoir et pars pour ma randonnée du jour. Sur les premiers mètres, j’ai les larmes aux yeux, mais j’avance avec détermination. Ce n’est qu’un au revoir, nous allons nous revoir, c’est certain !

J’ai eu de la difficulté à choisir une randonnée aujourd’hui. Jeudi, nous sommes allées sur la gauche, vendredi, sur la droite. Je décide d’aller au milieu, sur la crête des glaciers, une randonnée classée difficile d’une douzaine de kilomètres avec un dénivelé positif avoisinant les 1 000 mètres. Après les randonnées des deux derniers jours, je risque de galérer un peu à atteindre le sommet…

Comme pour les autres randonnées du Parc national des glaciers, je peux partir directement de mon emplacement de camping. Les premiers kilomètres sont faciles : le sentier est large et la pente est douce. Après plusieurs intersections et la traversée d’un pont, Ouna et moi bifurquons enfin sur le sentier de la crête des glaciers.

De là commence une ascension d’abord simple, en « S », mais qui se complexifie à mesure que nous prenons de la hauteur. La pente s’accentue, des roches s’immiscent sur la piste, si bien que je dois faire de grandes enjambées. Ouna, elle, semble à son aise. Mes quadriceps chauffent, et malgré l’heure matinale, je transpire à grosses gouttes. De temps en temps, je pousse un « eeeeeeeeh oh eh ooooooooh » pour prévenir les éventuels ursidés de notre présence.

Je cale ma respiration sur mes pas, tout en observant le changement de végétation autour de nous. Si au départ, le sentier était bordé de fougères, c’est à présent d’immenses pins qui nous entourent.

En moins de deux heures, nous rejoignons la zone alpine. L’inclinaison est de nouveau plus douce et nous avançons bien… jusqu’à nous retrouver face à une côte de nouveau bien raide. Je sens mon corps fatigué, mais je m’accroche car je devine la fin proche. Mais quelle déception ! Après avoir galéré pour venir à bout de ce passage ardu, je réalise que nous ne sommes pas encore arrivées. Le même schéma nous attend : un sentier relativement plat puis une ascension pentue. Cette fois, nous y sommes !

C’est tellement beau que je ne sais où regarder. Sur ma gauche, le glacier Illecillewaet que nous avons vu de près jeudi avec Céline ; sur ma droite, le glacier Asulkan que nous avons aperçu hier. Décidemment le Parc national des glaciers aura définitivement conquis mon âme de randonneuse !

Je décide de continuer un peu sur la crête jusqu’à un point plus haut et m’interroge sur la possibilité de faire une boucle pour redescendre par le sentier du Grand-Glacier. Je trouve un itinéraire sur l’application AllTrails mais cela semble difficile, surtout dans le sens où je suis. Je décide donc de retourner sur mes pas, après une pause collation bien méritée.

La descente me paraît interminable… J’ai mal aux pieds et les virages en aller-retour me semblent sans fin. Tranquillement pas vite, je descends la montage.

Après cinq heures et vingt minutes de marche, je suis de retour au camping. Ouna s’avachit de tout son long tandis que je prépare mon déjeuner préféré de retour de rando : un wrap houmous, fromage, salade.

Nous décidons de nous reposer pour le reste de l’après-midi. Ouna sieste au soleil tandis que je rattrape du retard d’écriture. L’heure du dîner arrive, je vais me rincer dans la rivière qui longe mon emplacement, puis me fait une salade composée.

Dès la noirceur installée, Ouna et moi nous réfugions dans Lyna et nous ne tardons pas à nous endormir… (oui, oui, il est à peine 20 h 30…).

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