Un aperçu de la Yukon Quest

 

Et c’est ce territoire du Canada, frontalier avec l’Alaska, qui, chaque année, leur rend hommage en organisant l’une des plus grandes courses de tous les temps, la Yukon Quest !

 

Peut-être un des évènements que j’attendais le plus cet hiver… Pourtant, on ne peut pas dire que le Yukon manque de festivités pendant les six mois de froid et de noirceur. Que ce soit La Nocturne, ce rendez-vous artistique pluridisciplinaire qui anime Main Street l’espace d’une soirée ; le Available Light film Festival, le plus grand festival de longs métrages au-delà du 60° parallèle nord mettant à l’honneur le cinéma nordique, canadien et international ; ou encore, le Yukon Sourdough Rendez-vous, cet espèce de carnaval, organisé les deux dernières semaines de février depuis maintenant 53 ans, qui propose des activités plus déjantées les unes que les autres telles que du lancer de tronçonneuses ou de haches, une course en canoë (sur glace… sinon, ce n’est pas drôle), des spectacles de french cancan, … bref, il y en a pour tous les goûts !

Mais ce que j’attendais avec beaucoup d’impatience (mais alors vraiment beaucoup), c’était le départ de la Yukon Quest, la légendaire course de traîneaux à chiens ! Et si elle est réputée pour être l’une des plus difficiles au monde, avec des conditions qui se veulent extrêmes, c’est que ses créateurs(1) ont dessiné un tracé sinueux, suivant de près l’historique Autoroute du Nord(2).

C’est donc à 11h, le 4 février dernier, que vingt-et-une équipes se sont élancées sur la trace de la 35ème édition de cette course mythique : 1.600 kilomètres reliant Whitehorse, Territoire du Yukon à Fairbanks, Alaska… ou inversement selon les années ! En totale autonomie, les mushers ont dû préparer, au préalable, leurs drop bags, leurs sacs de survie qui seront déposés dans chaque point de contrôle par l’organisation : bottines de rechange (pour les chiens), kit de réparation de traîneau (pour le musher), nourriture et médicaments (pour les deux), et tout ce que le meneur juge utile d’emporter avec lui pour ces quelques jours, seul avec sa meute, au milieu de nulle part et avec des températures pouvant atteindre les -50°.
Je ne peux qu’imaginer l’état d’esprit dans lequel les mushers doivent se trouver quelques heures avant de débuter cette aventure : un mélange de concentration, de stress et d’excitation ! Et ce dont je suis certaine, c’est que, si un jour je devais être à leur place, j’aimerais être seule, littéralement seule, dans ma bulle… J’ai alors été surprise lorsque l’on m’a dit que la zone de préparation était ouverte au public jusqu’à 10h… mais aussi ravie, puisque cela m’a donné l’occasion d’observer les préparatifs de chaque participant, et surtout d’y prendre part…, grâce à Sébastien, un musher/explorateur français venu spécialement au Yukon pour concourir ! Quelques semaines auparavant, je le rencontrais au Starbucks du coin, puis découvrais son coin de paradis près de Tagish Lake, endroit où je suis restée quelques jours pour rencontrer sa meute (gros coup de cœur pour Mr Brown), découvrir son fonctionnement et apprendre ce qu’il avait à partager.

Lily's road_PVT Canada_Yukon Quest_Mr. Brown
Mr. Brown

J’étais donc contente de les revoir, lui et sa meute, dans le dog yard(3). Dans la confusion (et pour mon plus grand bonheur), je me suis retrouvée membre éphémère de l’équipe pour finaliser les préparatifs… j’ai rejoint Seb et ses deux handlers pour la mise des harnais, les massages préparatoires, la mise à l’attelage et le guidage du tout jusqu’à la ligne de départ… Un dernier instant de complicité avec ses chiens de tête, un dernier encouragement, et les voilà qu’ils disparaissent…

Sébastien finit quatorzième, en un peu moins de treize jours, remportant ainsi le prix de la lanterne rouge. Le vainqueur, lui, Matt Hall, un alaskan de 25 ans, probablement né sur un traîneau, remporte la course en 10 jours, 1 heure et 7 minutes.

Comment dire que je suis en totale admiration ? … devant toutes les personnes croisées grâce à la Quête du Yukon… des mushers aguerris prenant le départ de la 1.000 miles et des un peu moins expérimentés s’élançant sur sa petite sœur, la Yukon 300… Pour être totalement honnête, au fond de moi, je les envie quelque peu d’avoir choisi ce mode de vie… et pourtant, il n’est pas nécessaire d’être musher pour se l’approprier… Je réalise alors que j’ai encore du chemin à parcourir pour atteindre mon graal…

 

« Pendant le dernier run, les aurores boréales volaient dans le ciel, avec les chiens en ombres chinoises, c’était magnifique… », Sébastien Dos Santos Borges, interviewé par Julien Schroder.

 

(1) : 4 mushers alaskans : Roger Williams, Leroy Shank, Ron Rosser et William « Willy » Lipps.
(2) : ensemble de routes, terrestres et fluviales, empruntées par les prospecteurs pendant la ruée vers l’or du Klondike de 1898 et les autres ruées alaskiennes du début des années 1900 ; en soi, un tracé commémoratif pour toutes les personnes qui ont tenté l’expérience, seule ou avec leurs chiens, et dont beaucoup perdirent la vie dû au climat rude et au terrain montagneux dangereux.
(3) : zone de préparation des mushers.


6 réflexions sur “Un aperçu de la Yukon Quest

    1. Oui, oui, oui ! Une super expérience ! J’espère avoir l’occasion d’y prendre part l’année prochaine aussi, même si le départ se fait depuis Fairbanks en Alaska.
      Merci de me suivre avec autant d’assiduité !
      Bises !!

      J'aime

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