Sur les traces de Sam McGee

Données techniques :
À 17 km au sud de Carcross, 14,60 km, 960 m de dénivelés, sortie de 6h18 (pauses incluses).
Faite le 25 septembre 2016.

 

Comment vous parler de ma première randonnée au Yukon ?? Je vous dirais qu’elle a parfaitement répondu aux attentes que je m’en étais faite, à savoir : en apprendre davantage sur les mixtures des indiens, découvrir des paysages merveilleux, et aussi, fouler les routes des pionniers des ruées (pour en savoir plus sur ce dernier point, lisez Silver rush ~ L’histoire de John Conrad et Sam McGee).

Il aura fallu attendre quasiment une semaine avant que je chausse mes Salomon pour aller sillonner les sentiers yukonnais avec Marcelle. Il faut dire que le travail de musher n’est pas de tout repos, les chiens nécessitant beaucoup d’attention, et donc de temps, surtout en cette période de reprise des entraînements. Nos athlètes se préparent pour la saison d’hiver ! Pas de sortie pour eux le dimanche, l’occasion, pour nous, de nous éloigner d’Alayuk, et de partir en expédition : Marcelle veut tester un nouveau trail !

Première partie de notre journée : l’auto. Nous empruntons la South Klondike Highway pendant près de quarante minutes. Une des plus belles routes que j’aie prises de ma vie, grâce aux nombreux panoramas qu’elle offre, entre autres, sur Emerald Lake, Bove Island, ou encore Tagish Lake et son Windy Arm. Marcelle parque la voiture et nous nous habillons chaudement car la température extérieure avoisine le zéro degré… Bien sûr, nous n’oublions pas le « bear spray », un aérosol répulsif à base de poivre pour effrayer les ours. Au Yukon (et plus généralement pour toutes les régions sauvages du Canada), cette bombe fait partie intégrante du kit de survie d’un randonneur ; sortir sans elle est faire preuve d’une grande inconscience face au danger que peut représenter le croisement avec ce gros nounours.

Il est 10h41 quand nous commençons notre ascension. Le chemin zigzague au milieu de peupliers baumiers et de peupliers trembles. Le fruit du premier était utilisé par les Indiens pour réaliser des onguents décontractants (l’odeur peut rappeler celle du camphre) ; Marcelle, elle, se sert de l’écorce interne des sapins baumiers (qu’elle me montrera plus tard pendant notre trek) pour confectionner une crème de soin pour les coussinets de ses chiens. Çà et là, plus proche du sol, des camarines noires et des canneberges sauvages. L’automne est déjà bien avancé si bien que bons nombres d’arbres sont déjà nus, et que les feuilles restantes sont toutes jaunes.

Je cale mes pas sur le rythme régulier de ceux de Marcelle. Le sentier est de plus en plus escarpé, la végétation se transforme à mesure que l’altitude augmente. Les peupliers sont rapidement remplacés par des sapins, qui laissent deviner, entre deux troncs, le Windy Arm. Je suis impatiente d’atteindre le point où nous surplomberons toute cette flore pour pouvoir admirer la vue que je ne peux qu’imaginer… Deux heures après notre départ, 618 mètres de dénivelés positifs plus loin, nous y arrivons enfin ! Et c’est à couper le souffle. Je ne trouve pas les mots pour tenter de décrire ce que je vois. Comme souvent lorsque je marche, je me sens minuscule face à Dame Nature…

Quarante-cinq minutes plus tard, notre pause déjeuner achevée, nous reprenons nos sacs et revenons quelque peu sur nos pas pour rejoindre la trace que Marcelle veut suivre. Nous continuons de monter ! Par endroit, le sol est saupoudré de neige. Les paysages qui s’offrent à nous, au fur et à mesure que nous nous élevons, sont juste magiques.

L’heure avance, il faut penser au retour, car cinquante boules de poils nous attendent au chenil pour leur repas. Le sentier est encore long, nous décidons alors de le quitter pour accéder à une crête qui, d’où nous sommes, annonce un joli point de vue. À partir de ce moment-là, nous ne randonnons plus, mais pratiquons, selon mon guide, du « bush walking » ! Le spectacle est bien au rendez-vous !

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Nous entamons la descente par le même itinéraire, aux alentours de trois heures moins le quart. À 17h, nous arrivons à la voiture. Le temps de rentrer et de nous occuper de la meute, c’est déjà l’heure du souper. La journée s’achève sur un très bon repas mijoté par Gilles, du filet de porc au sirop d’érable, un régal !

 

« Le Vieux sage a dit : l’homme jeune marche plus vite que l’ancien, mais l’ancien connait la route. », proverbe africain.


12 réflexions sur “Sur les traces de Sam McGee

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