La jungle népalaise

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La jungle népalaise, dans le nuage… © Kelly Tabuteau

Katmandou-Phaplu en jeep : le voyage dans le voyage

Ce matin, je devais me réveiller à 4 h pour être prête pour la jeep à 5 h, mais encore sous le coup du décalage horaire, je me réveille à 3 h. Je tente de somnoler, mais rien n’y fait, je suis réveillée ! Alors, je commence à me préparer doucement : prendre une bonne douche chaude, car je ne sais pas quand sera la prochaine (et en profiter pour me laver les cheveux, car à l’eau froide, c’est plus compliqué…), puis boucler mon sac de rando.

À 4 h 45, je suis dans le hall de l’hôtel et l’agent de réception est déjà sur le qui-vive à appeler le chauffeur pour savoir où il est. Pendant l’attente, il me demande si j’ai un poncho de pluie avec moi — Non, juste une veste de pluie. Pour lui, c’est un élément indispensable pour mon trek, alors il me prête le sien. Je lui rendrai à mon retour, dans un peu plus de trois semaines.

Le chauffeur arrive à 5 h 05. Le temps de charger mes affaires dans le coffre, nous sommes en route à 5 h 11. Il pleut des cordes et il fait nuit alors je ne vois pas grand-chose du paysage…

On quitte rapidement Katmandou pour se retrouver déjà sur des routes sinueuses de montagne… Je sens que mon estomac fragile ne va pas aimer… Bingo ! Un peu plus d’une heure après notre départ, nous sommes obligés de nous arrêter, car je suis malade. Après une petite pause, nous repartons. Le jour est maintenant levé et les paysages sont magnifiques. Je ne prends aucune photo, concentrée sur mon estomac. De toute façon, ça bouge beaucoup trop pour prendre des photos ! Nous zigzaguons à flanc de montagne, sur notre gauche, des vallées avec habitations et rizières verdoyantes, le tout surplombé d’autres montagnes.

Nous sommes repartis depuis une heure que nous devons à nouveau nous arrêter pour apaiser mon estomac… Je sens que la journée va être longue si je vomis ainsi… car nous avons un trajet de dix heures !

Trente minutes après être répartis, nous nous arrêtons pour prendre notre petit déjeuner. Je commande une omelette et un thé au gingembre en espérant que la racine va faire effet rapidement pour le mal du transport. J’avoue que je suis un peu nerveuse de reprendre la route avec l’estomac plein… mais finalement, ça fonctionne bien mieux avec le ventre rempli. Puis rien à voir, mais il s’est arrêté de pleuvoir alors je retrouve un peu le sourire.

Les zigzags se poursuivent, la route est globalement en bon état, mais très étroite. Par moment, nous devons franchir de gros nids-de-poule ou des zones de glissements de terrain. Mon chauffeur gère comme un pro. Au détour d’un virage, un jeune homme fait du stop et nous décidons de le prendre. On papote quelques minutes (il est russe, vient visiter le Népal pour un mois, ne compte pas vraiment randonner) avant de retomber dans le silence.

Un peu avant 14 h, nous nous arrêtons dans un petit village pour déjeuner. Et je réalise que mon camel bag s’est vidé dans mon sac. Heureusement mes vêtements étaient dans des sacs étanches, mais ce n’était pas le cas de mon sac de couchage qui est détrempé… Je suis en colère contre moi-même ! Erreur de débutante…

L’hôtesse des lieux nous prépare un Dahl bat, un plat à base de riz, pois et légumes, légumes qu’elle va chercher directement dans son potager. Plus frais que ça, impossible… elle ajoute aussi un peu d’omelette dans l’assiette, c’est très bon ! Cette dame ne parle pas anglais, alors nous essayons de communiquer comme nous pouvons, avec le regard et des sourires.

Un potager bien fourni ! © Kelly Tabuteau
© Kelly Tabuteau

Repus, mon chauffeur, le pouceux et moi repartons pour une dernière heure de route jusque Phaplu. Manque de bol, les pluies ont entraîné un glissement de terrain bloquant la route. Mon chauffeur me laisse donc là, à environ une heure de Salleri, le village juste avant Phaplu.

Je marche donc une quinzaine de minutes pour rejoindre le village de l’autre côté du glissement de terrain, jusqu’à une auberge d’où je compte commander un tuk-tuk. Finalement, en arrivant à l’auberge, je rencontre un groupe de quatre personnes. Son guide a déjà organisé un transport jusque Salleri. Gênée, je lui demande s’il y aurait une petite place pour moi. Il accepte volontiers, et j’éprouve un grand soulagement !

Finalement, en une heure, la route est de nouveau accessible et les voitures peuvent passer le glissement de terrain. Mon chauffeur, lui, a déjà fait demi-tour… Heureusement que je me suis arrangée avec le groupe. J’embarque donc jusque Salleri quand leur jeep arrive, puis marche une vingtaine de minutes jusqu’à Phaplu où je trouve une auberge facilement.

Dès que j’ai passé la porte d’entrée, il se remet à pleuvoir.

Première chose à faire : essayer de faire sécher mon sac de couchage… Je croise les doigts pour qu’il soit sec demain, même si je n’ai pas grand espoir entre l’humidité ambiante et le manque de chauffage… Heureusement, il y a des couettes dans ma chambre. Petite douche rapide, car froide, avant de dîner au restaurant de l’auberge. Je teste mes premiers momos végé et végé-fromage, et c’est pas mal du tout !

Alors que je termine de dîner, un groupe de cinq personnes arrive. J’apprendrai plus tard que ce sont en fait trois groupes différents : deux amis de France, un solitaire de Suisse, un autre des Pays-Bas et une d’Allemagne. Comme beaucoup de trekkeurs et trekkeuses, ils devaient prendre l’avion de Ramechapp à Lukla. Mais les vols sont annulés depuis la veille à cause de la météo. Ils se sont alors rabattus sur la jeep jusqu’à Phaplu, puis une autre jusqu’à Karikola demain matin d’où chacun commencera son trek.

L’hôte de l’auberge vient me voir, m’annonçant qu’il y a de la place pour moi dans la jeep de demain matin si je le souhaitais. Si j’accepte, j’économiserai un jour de marche, très probablement sous la pluie. Je choisis donc la facilité et m’engage pour partir avec eux.

Nous papotons un peu, puis je retourne dans ma chambre. J’appelle papa et maman, puis lis quelques pages de mon livre (Le secret des abeilles de Sue Monk Kidd).

Je me couche à 22 h, luttant pour trouver le sommeil… mes pensées sont occupées par mes affaires mouillées.

Trek des Trois Cols, jour 1 : de Phaplu à Taksindu

📅 6 octobre 2022
🥾 15,3 km / 765 m D+ / 310 m D-

Pas encore remise du décalage horaire, je me réveille aux alentours de 4 h… Je tente de me rendormir, mais sans succès… À 4 h 45, je me mets à lire pour une petite heure puis m’active. Je vais chercher mon sac de couchage. Semi-bonne nouvelle : il n’est plus détrempé, juste mouillé… Autre bonne nouvelle : ce matin, il ne pleut pas !… enfin pas encore !

© Kelly Tabuteau

Je refais donc mon sac tel quel et descends dans la salle de restauration à 6 h 30. Le petit déjeuner est prévu pour 7 h, alors je profite du wifi pour regarder les prévisions météorologiques. Toujours déprimantes ! La pluie est annoncée jusqu’à jeudi prochain… Je profite aussi de l’électricité pour recharger mon InReach et mon téléphone.

7 h 15, le groupe de 5 et moi attendons le petit déjeuner.
7 h 25, les plats arrivent et le silence résonne dans la salle.
7 h 40, je vais me brosser les dents et fermer mon sac à dos.
7 h 55, je suis devant l’auberge, prête à partir. Bientôt rejointe par le groupe de 5.

La jeep arrive à 8 h 05 et on réalise qu’il n’y aura pas assez de places pour tout le monde… Pour le coup, j’en veux un peu à mon hôte, car c’est lui qui m’avait approchée pour me dire qu’il y aurait une place de libre… Si j’avais su, je serais partie bien plus tôt, dès le lever du soleil en fait, surtout en étant réveillée à 4 h du matin.

Le groupe de 5 est déçu pour moi. Je les rassure, j’avais de toute façon prévu de commencer mon trek à Phaplu, notamment pour commencer mon acclimatation en douceur.

© Kelly Tabuteau

Me voilà donc partie pour une vingtaine de jours de marche, en solitaire, dans l’Himalaya népalais. J’ai de la difficulté à me réjouir. J’ai le cœur serré et quelques larmes coulent… de fatigue, de déception, du manque d’Ouna… Un pas après l’autre, très lentement, mes pensées commencent à s’éclaircir face à la jungle népalaise.

© Kelly Tabuteau

Toute la première partie de ma journée se fait sur une « route » pas du tout passante. À plusieurs endroits, elle est coupée par une rivière. Première traversée, un pont est juste là donc je n’ai pas trop de questions à me poser. La deuxième par contre est moins évidente. L’eau est plus profonde que la semelle de mes chaussures… Mon pied droit est légèrement mouillé, mais je m’en sors quand même bien ! En avançant un peu, je réalise qu’il y avait un pont de fortune en contrebas… À la troisième traversée, j’ai appris de mes erreurs et cherche un petit sentier qui s’écarterait de la route en descendant. Bingo, j’aperçois un petit pont et je me réjouis de garder mes pieds au sec.

La pluie commence à tomber une heure et demie après mon départ. Je sors le poncho. Elle s’arrête et reprend, par moments une légère bruine, par d’autres, des cordes…

J’avais prévu de m’arrêter à Ringmu. J’atteins le village en un peu plus de trois heures. Je décide donc de continuer jusqu’au col Taksindu qui culmine à 3 071 mètres d’altitude. Je sens déjà les effets de la haute montagne sur mon souffle… Je sais que mon corps va s’acclimater, mais je sais aussi que je vais être vraiment lente, une fois les 4 000 mètres atteints.

Je redescends vers le village de Taksindu. Il est à peine 13 h, je suis trempée. J’hésite à continuer… Je décide de me poser dans une auberge pour prendre un thé, j’aviserai une fois réchauffée. Mais en retirant mon poncho, je réalise que mon t-shirt est détrempé ! Je ne m’en rendais pas compte tant que je marchais, mais là, je commence à avoir vraiment froid. Je choisis donc de rester dans cette auberge pour la nuit malgré l’heure précoce.

Première journée de trek : 15,3 kilomètres, 760 mètres de dénivelé positif et un col à plus de 3 000, c’est pas mal pour se mettre en jambe !

Je demande à mes hôtes (un jeune couple avec un bébé de seize mois) si je peux faire sécher mes affaires quelque part et ils me répondent qu’ils vont allumer le poêle. Je suis vraiment bien tombée ! Et chanceuse aussi d’être arrivée de bonne heure, d’être seule dans l’auberge et de pouvoir m’étaler un peu. Je mets mon sac de couchage à sécher et vais prendre ma douche pour pouvoir mettre mes vêtements de la journée à sécher également.

Puis, je commande à manger (des momos végé encore, bien meilleurs que ceux d’hier). Je passe l’après-midi à observer la salle, mes hôtes et la famille de chats qui dort en boule sur un banc. J’échange aussi avec la femme, la seule qui parle quelques mots d’anglais. Elle m’épate à porter le berceau de son enfant avec une lanière — même principe qu’une guitare — tout en préparant le dîner pour un groupe de 9 qui va débarquer.

© Kelly Tabuteau

J’étudie aussi la carte pour les prochains jours et je modifie encore un peu mon itinéraire. C’est assez optimiste comme tracé (faire en trois jours ce que j’avais prévu en quatre) alors ça va dépendre de la météo… Demain, je vais traverser mon premier vrai pont suspendu, un pont de 109 mètres… Moi qui déteste les ponts, ce sera un premier test pour la suite du trek…

Vers 17 h, toutes mes affaires sont sèches, même mon sac de couchage. Alléluia ! Je remballe tout et vais me reposer un peu dans ma chambre. J’entends le groupe de 9 arriver, et ça parle français. Je fais d’abord mon insociable et reste dans ma chambre. Puis, je me décide à sortir de ma caverne. Je vais prendre un dernier thé avant d’aller au dodo et fais connaissance. Finalement, c’est toujours bien sympa de rencontrer un peu de monde et de discuter.

Trek des Trois Cols, jour 2 : de Taksindu à Bupsa

📅 7 octobre 2022
🥾 16,2 km / 980 m D+ / 1 575 m D-

Aujourd’hui, c’est une longue, longue, descente qui m’attend jusqu’à Jubing. Il ne pleut pas, mais tout est détrempé de la veille, rendant le terrain glissant. J’assure mes appuis et je suis assez lente. Le point le plus bas de cette descente est ce fameux pont suspendu de 109 mètres… Je ne fais pas la fière… Une chance, personne en face et personne derrière alors je peux prendre tout mon temps.

© Kelly Tabuteau

Peu avant Jubing, je rencontre Sue et Howard, d’Australie. C’est la 26e fois en 50 ans qu’ils viennent trekker au Népal ! Leur guide a prévu déjeuner à Jubing. Je souhaitais continuer, car il me reste pas mal de route pour aujourd’hui, mais il se met à pleuvoir fort alors je m’arrête avec eux. Un nouveau Dal bhat, les quantités sont telles que je ne peux finir mon assiette. Avec nous pour ce déjeuner improvisé, deux amis israéliens, Benny et Pele.

La pause s’éternise. Personne n’a envie de reprendre la marche sous des trombes d’eau. Alors, on échange des histoires, Sue et Howard me content certaines de leurs aventures de trek, dans l’outback australien ou ailleurs. Je les trouve super inspirants !

Après deux heures de pause, la météo semble enfin se stabiliser. Et c’est à cinq que nous retrouvons le sentier. Sue et Howard veulent atteindre Karikola alors que Benny, Pele et moi voulons pousser jusqu’à Bupsa. Les deux amis nous larguent rapidement. Je reste un peu avec Sue et Howard papoter tout en marchant, mais après trente minutes, je reprends mon rythme et les devance.

Avec toute cette pluie, le sentier est presque inondé… les montées se font par des sortes d’escaliers en pierre dont les marches sont irrégulières — ça me rappelle l’Île de la Réunion… Je ne suis pas habituée à ce genre d’effort. Je fatigue bien plus vite que d’habitude !

Arrivée à Bupsa, je suis trempée. Non pas à cause de la pluie, mais à cause de la sueur et de l’humidité ambiante. Je retrouve Benny et Pele et nous partons à la recherche d’une auberge pour nous trois. C’est le début de la saison, il n’y a pas grand monde encore sur le sentier, si bien que les aubergistes nous veulent tous. Ils nous proposent tous la nuit gratuite ! Nous finissons par choisir une auberge avec douche chaude, poêle à bois pour faire sécher nos affaires, et wifi.

Galants, les hommes me laissent prendre ma douche la première. En les attendant, je fais quelques étirements, notamment des trapèzes qui sont bien douloureux. Cela fait longtemps que je n’ai pas trekké et mes épaules ne sont plus habituées à porter un sac de 15-16 kilos.

On fait connaissance dans la soirée et une belle connexion s’installe entre tous les trois. Mais la fatigue de la journée se fait ressentir. On dîne rapidement et allons dormir.

Trek des Trois Cols, jour 3 : de Bupsa à Surke

📅 8 octobre 2022
🥾 14,6 km / 1 005 m D+ / 1 055 m D-

Encore réveillée à 4 h du matin… Je ne sais pas pourquoi je n’arrive pas à dormir plus… Je sens de légères courbatures dans mon mollet droit et ma cuisse droite, certainement la combinaison du poids du sac, de la longue descente d’hier et des marches d’escalier…

Je fais mon sac et à 6 h 30, je suis dans la salle à manger. Benny et Pele débarquent peu de temps après. Nous avions commandé le petit déjeuner pour 6 h 30, il arrive à 6 h 45.

Je me mets en route vers 7 h 20, les hommes, plus rapides que moi, me rattraperont certainement plus tard dans la montée. Il y a toujours beaucoup de nuages, mais pas de pluie pour le moment. Je galère un peu à trouver le bon chemin, car je marche sur la route alors que je pensais que le sentier serait un chemin traditionnel. Je fais quelques allers-retours jusqu’à ce qu’un Népalais me confirme que la route est bien la bonne direction.

© Kelly Tabuteau

La journée commence par une longue ascension, avec de nombreux escaliers rocheux. Le sol est toujours détrempé. Je suis suivie par plusieurs porteurs qui ne tardent pas à me dépasser… ça monte, mais je garde un bon rythme. Un retraité australien, Andrew, me rattrape aussi. Nous faisons un bout de chemin ensemble. Quand le chemin débouche sur une route, nous sommes un peu perdus. Nous prenons une direction qui semble être la bonne sans pour autant en être certains. Nous ne sommes en effet pas sur le bon chemin… Nous le retrouvons quelques minutes plus tard, mais nous trompons de sens. Ah ! La fine équipe ! Heureusement, je m’en rends rapidement compte, et nous voilà enfin sur la bonne voie. Le détour n’aura pas été trop long.

Nous amorçons alors une courte descente vers Puiya. Je suis extrêmement lente, car le sentier est extrêmement boueux… et que je ne veux pas glisser. Andrew prend le large.

Je le retrouve à Puiya, à un contrôle de police qui vérifie passeport et destination. Mon passeport est tout au fond de mon sac si bien que je dois tout ouvrir pour l’extraire et le présenter à l’agent.

Andrew décide de continuer, moi, je m’offre une pause collation et un thé dans une auberge avant de me diriger vers Surke, à 6 km de là.

Je croise mes premières caravanes de vache-yak et d’ânes. La quiétude de mes pas est interrompue par le bruit incessant des hélicoptères (étant donné la météo des derniers jours, il y a eu peu d’avions pouvant atteindre Lukla, alors beaucoup de personnes se sont repliées sur les hélicoptères qui peuvent voler dans des conditions plus difficiles), et les sons hurlés par les meneurs de caravanes pour faire avancer leurs bêtes. J’avoue que la façon dont les animaux sont traités me serre le cœur, fouettés pour avancer, sur un sol plus qu’accidenté…

Je reste bloquée derrière une caravane d’ânes un bon moment… Je ne peux doubler à cause de la complexité du terrain et de l’étroitesse du sentier.

Enfin, après ce qui me semble une éternité, je passe les ânes et peux reprendre mon rythme sur la descente boueuse et glissante de 600 mètres de dénivelé. Je dois donc ralentir un peu le pas si je ne veux pas finir les fesses par terre.

À moins d’un kilomètre de Surke cependant, je glisse, sans gravité extrême, mais le choc réveille ma cheville gauche. Je suis un peu sonnée et je prends le temps de la bouger dans tous les sens avant de continuer. Les premiers mètres qui suivent, je la sens bien et je croise les doigts pour que ce ne soit rien de grave. J’arrive enfin à Surke, fatiguée. La bruine qui m’accompagnait jusque-là se transforme alors en pluie plus intense. Perfect timing !

© Kelly Tabuteau

Je m’installe dans la première auberge que je vois et commande directement un thermos de thé. Je lis en faisant sécher mes affaires directement sur moi… Vive la chaleur corporelle ! Andrew, installé dans une autre auberge, passe me faire un coucou, puis une famille allemande de trois débarque.

Je vais prendre ma douche et remarque que ma cheville est un peu enflée. Je fais alors un rapide scan corporel. À part ma cheville et mes trapèzes, tout va bien ! Je prendrai de l’ibuprofène avant de me coucher. Je dîne, puis regarde quelques épisodes d’une série que j’avais téléchargée sur Netflix. À 21 h 30, extinction des feux.

Trek des Trois Cols, jour 4 : de Surke à Jorsale

📅 9 octobre 2022
🥾 16,7 km / 1 005 m D+ / 505 m D-

Réveillée à 5 h, je tente de me rendormir, mais sans succès. La nuit a cependant été bonne ! Je constate que mes trapèzes vont beaucoup mieux ce matin, ce qui me ravit. Mon corps s’habitue enfin à l’effort ! Ma cheville ne me fait pas mal non plus ce matin, c’est bon signe !

J’avais commandé mon petit déjeuner pour 6 h 30, et c’est la première fois qu’il est à l’heure. Je suis donc prête à 7 h 15, mais il pleut et je ne suis pas motivée à commencer à marcher sous cette météo… Je vois Andrew passer devant mon auberge à 7 h 30, nous échangeons quelques mots, il me dit notamment que la pluie n’est pas si lourde et qu’elle ne mouille pas tant que ça. À 8 h, je me motive et quitte l’auberge avec mon imperméable sur le dos.

© Kelly Tabuteau

Je m’arrête quelques minutes plus tard pour enlever ma veste, car la montée me donne chaud. Le sol est mouillé, boueux et glissant. En fait, je marche dans un mélange de boue, bouse de yaks et crotte d’ânes… mmmm la bonne odeur de bon matin… mais c’est surtout glissant au possible… Ça passe bien en montée. La descente, par contre, est un peu plus complexe.

© Kelly Tabuteau

Je suis dans le nuage et je n’ai aucune vue… c’est un peu déprimant, mais je tente de garder le sourire et l’envie de marcher. Le nuage finit par se lever et le sol par sécher. Je traverse de nombreux petits villages avec plein de moulins à prières. C’est joli.

Je recroise Andrew à Phaking, puis au poste des taxes municipales : je dois en effet obtenir une autorisation pour aller plus loin (2 000 roupies népalaises). C’est super long et je ne sais pas pourquoi ça prend autant de temps. La dame finit par nous annoncer qu’Internet ne fonctionne pas et qu’elle va faire des autorisations papier, parfait !

Andrew repart avant moi, pas de nouvelles des deux amis israéliens… j’espère qu’ils vont bien, ils étaient un peu découragés par la météo.

Une fois mon autorisation en main, je reprends ma marche jusqu’à Monjo où j’avais prévu de m’arrêter. Je décide de continuer un kilomètre de plus pour rentrer dans le parc national Sagarmatha. Je dois là aussi m’arrêter pour un contrôle de passeport et acheter mon droit d’entrée pour le parc. Le policier qui vérifie mon passeport propose de me prendre en photo devant la porte d’entrée du parc. J’accepte, cela me fera un souvenir, car jusqu’à présent, je n’ai pris aucune photo de moi.

Après une courte, mais raide descente, je m’installe à la première auberge que je trouve, trop fatiguée pour chercher et négocier. La nourriture est chère, mais les hôtes m’offrent la nuit alors ça équilibre un peu.

Je déjeune, il est 14 h 30. Je reste dans la salle commune à lire et à étudier la carte, avant d’aller me reposer dans ma chambre. Je retourne dans la salle commune à 18 h 30 pour le dîner. Un couple de Français est dans un coin et un couple de Brésiliens dans un autre. Je lis en attendant mon dîner, et une fois rassasiée, je retourne dans ma chambre pour lire un peu plus.

Je me couche de bonne heure, 20 h 30, et m’endors rapidement. La marche m’aide à faire le vide dans ma tête, mais Ouna me manque beaucoup. C’est difficile de profiter à fond de ce trek… surtout quand la vue est bouchée et que je galère dans la boue.

© Kelly Tabuteau

4 réflexions sur “La jungle népalaise

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